Archives mensuelles : juillet 2012

Stéphane Ferrara : La Boxe VIP

Le luxe d'être direct
Zoom

La vie de Stéphane Ferrara a commencé dans une cave de banlieue alors qu’il s’entraîne à la boxe, en cachette de ses parents dans les sous-sols de son immeuble à Bobigny. Elle se poursuivra sur les rings et les feux des projecteurs, puis enfin sur les plateaux de cinéma. Une vie bien remplie, pleine de combats parfois terribles, souvent cocasses, faite de belles rencontres aussi. Une vie qui a fait de lui un homme franc, attachant et … « Direct » (La Martinière). Interview sans langue de bois autour d’un déjeuner à la « Strada »(2, av. Paul Adam Paris 17e) chez son ami Mimo…

LC&V Vient de sortir « Direct » un livre dans lequel vous nous parlez de vos années boxe, de vos débuts au cinéma… Qu’est ce qui vous a donné envie de l’écrire ?

Stéphane Ferrara : Toute cette histoire, qui est l’histoire de ma vie bien sûr, prenait beaucoup de place et j’ai fini par me dire qu’il était temps justement de faire le ménage. J’ai eu besoin comme d’expulser certains souvenirs. J’ai consacré un an à l’écriture de ce livre, à ne faire que cela, me replonger dans le passé, à rassembler les souvenirs drôles pour certains, people pour d’autres, à remettre de l’ordre dans la banque de données de ma mémoire.

LC&VEst-il vrai que c’est Mohamed Ali qui vous a donné envie de faire de la boxe ?

Stéphane Ferrara : Absolument. Ali reste pour moi le sportif du siècle. Un grand Monsieur. Et ce non pas parce qu’il était boxeur, il aurait été handballeur ou rugbyman mon opinion aurait été la même chose. J’ai toujours trouvé que cet homme était doté d’une force mentale incroyable.

LC&V Que vous a appris la boxe ?

Stéphane Ferrara : Qu’avec un mot on peut faire plus mal qu’avec un coup de poing. La violence est souvent une forme de faiblesse, le dernier refuge de l’incompétence.

LC&V Joli palmarès  que le votre : 22 victoires contre 2 défaites et 1 matchs nuls. Avec le recul, quel regard portez vous sur ce parcours ?

Stéphane Ferrara : Je ne suis pas homme à regarder en arrière, cependant il est vrai que quelques fois, pour savoir où l’on va il est important de jeter un œil dans le rétroviseur. Et, je dois avouer  que je dois faire cet exercice, je n’ai pas trop à me plaindre, ni dans ma vie de sportif, ni dans ma vie d’homme.  Je peux faire face au miroir, je n’ai peut être pas été bon à tous les coups mais j’ai fait de mon mieux, je n’ai jamais volontairement fait de tord à qui que ce soit. La boxe m’a appris à être respectueux et civilisé… un travail que mes parents ont commencé, il ne faut pas l’oublier. Ils m’ont éduqué dans le respect du pays qu’ils avaient choisi, à respecter les filles également – nous étions  7 enfants dont 4 filles et  3 garçons… et j’avoue que cela m’a beaucoup aidé dans ma vie d’adulte car à mon époque filles et garçons ne fréquentaient pas les mêmes écoles alors lorsque vous n’aviez pas de sœurs, il n’était pas toujours évident de comprendre la gente féminine.

LC&VVient ensuite le cinéma… une nouvelle histoire de rencontres ?

Stéphane Ferrara : Oui absolument. Et dont la plus importante reste Godard. Si je n’avais pas rencontré Godard je n’aurais sans doute jamais fait de cinéma ! Ce fut la bonne personne, celle grâce à qui tout est devenu possible. Ce fut l’une de mes plus belles rencontres dans ce métier… voir même la plus belle !

LC&VQuel parallèle feriez vous entre ces deux métiers ?

Stéphane Ferrara : Il y a en effet beaucoup de similitudes entre ces deux métiers. Dans l’un et l’autre vous êtes souvent très entouré et pourtant en boxe, lorsque vous montez sur le ring et que le gong sonne, tout comme au cinéma lorsque vous entrez sur le plateau et que vous entendez “Moteur. Action”… Vous vous retrouvez seul et c’est à vous de faire vos preuves. La moindre erreur pourra alors vous être fatale.

LC&VQuels sont encore vos rêves ?

Stéphane Ferrara : Pouvoir continuer à ne pas mettre le réveil lorsque je n’ai pas envie de le mettre !!!

Propos recueillis par Carole Schmitz

Bercy Village publie ses bancs

La signature Policar
Coup de coeur

« Le défi [ à Bercy Village ] était pour moi de répondre à tous les usagers,de trouver le ton juste, et d’inventer un dialogue entre le mobilier et l’architecture ». Le dossier de presse relatif au designer Jean-Michel Policar, évoque qu’il a été repéré par l’équipe de Bercy Village lors de la Paris Design Week à Docks en Seine où il présentait en septembre 2011 ses bancs Palabres. C’est ainsi que l’aventure débute. On lui demande alors de concevoir le nouveau mobilier de la Cour Saint-Émilion. Il répond aux interrogations de LC&V.

LC&V Qu’englobe pour vous la notion de design ?

Les mots qui reviennent le plus souvent sont “sens” et “usage”, ils orientent ma réflexion. Au delà chaque projet porte un contexte plus ou moins chargé d’histoire, comme ce fut le cas pour Bercy Village, ou toutes autres contraintes qui le jalonnent.

LC&VEt celle d’urbanité ?

Cela touche au paysage, et je suis sensible à cette notion et à la qualité des paysages, Quel qu’il soit et quelque soit son échelle, une agrafeuse sur le coin du bureau est aussi un paysage. A cela s’ajoute le flux, la densité, les rencontres possibles entre les individus. Il en a été fortement question pour Bercy Village : j’ai observé les comportements, toutes les manières qu’avaient les visiteurs d’aborder le lieu, les circulations pressées, la flânerie, les déjeuners d’affaires, la lecture du journal, afin d’offrir aux visiteurs des espaces de pose qui suggèrent toutes ces attitudes observées.

LC&V Cette dernière va-t-elle forcément de pair avec une certaine appréhension de la sociologie ?

Je crois avoir commencé à répondre à la question… Oui, et c’est la tout le plaisir et l’un des fondements de ce métier : c’est avant tout l’écriture d’un scénario.

LC&VQu’est-ce qui vous a amené , en tant que designer, à vous intéresser à l’espace public ?

Quelque soit le projet ou l’objet, le designer entre dans une relation imaginaire avec des publics, et l’objet se révèle juste par la rencontre des publics et de son environnement, d’où un cheminement assez naturel. Je fais des objets depuis bientôt vingt ans, et la spatialité intervient tout autant dan un téléphone que dans un banc public : j’ajouterais d’ailleurs “spatialité” à la première question ! Quand je dessinais des téléviseurs pour Thomson, je me posais la question de la portabilité du produit, ou encore par la couleur ou le détail des aérations. Pour donner envie de le regarder aussi de dos pour le mettre au milieu d’une pièce et pas bêtement contre un mur… De même dans le mobilier de salle de bains, je cherche à ce que le meuble produise un espace, par une cinématique d’ouverture par exemple. L’idée de l’espace autour de l’objet intervient toujours dans le processus de réflexion.

LC&VQuelle est la spécificité de ce type de créations, notamment dans un contexte urbain ?

Certainement avant tout la notion de service; peu importe ce qu’ils évoquent, peu importe leur dessin, on attend qu’ils répondent à un service ; l’utilisateur n’a aucun effort à faire, aucune question à se poser, il doit immédiatement en reconnaître l’usage. A la différence d’un objet qu’on achète, qu’on choisi, dans lequel on investit une dimension affective et personnelle, là il faut être “tout public”, et “grand public”. Et cela s’inscrit dans le prolongement naturel de mon travail de designer industriel.

LC&VY-avait il une difficulté particulière à imaginer les bancs de Bercy Village ?

Pour moi l’idée de rester soi même à tout moment du projet et ne jamais se laisser influencer par toute forme de tendance représente toujours une difficulté. Mais répondre à la question est encore plus difficile ! En tout cas cela a été passionnant, et une grande chance qui m’a été donnée de m’exprimer dans un tel contexte. Peut être la difficulté maintenant est de le quitter, le laisser vivre sa vie.

LC&VQu’évoquent pour vous les notions de Luxe, Calme et Volupté défendues par notre magazine ?
Le temps, et j’ajoute “intemporalité” à la première question !

La modernité pétillante et premium de Perrier

Une autre vision du Sponsoring
RENCONTRE

«L’enjeu du sponsoring chez Nestlé Waters est mettre les marques au cœur de la vie des Français » lance Françoise Bresson dans un sourire. Elle est directrice des partenariats au sein du groupe depuis trois ans. Elle évoque ainsi la présence de l’iconique bouteille Perrier, sur des événements tels que Roland Garros ou le Tour de France, et bien d’autres encore. Avec cette volonté de retrouver son public à des moments clés de son existence. Voilà une stratégie incarnée parfaitement portée par une femme pétillante dont le sourire semble ne jamais vouloir quitter son visage. Un trésor pour tout journaliste habitué à côtoyer le monde parfois gris des affaires et du marketing…

LC&V Symboliquement, qu’est-ce que la marque Perrier a évoqué pour vous lorsque vous êtes entrée dans cette entreprise ?

Françoise Bresson Tout ce que peut représenter Perrier. C’est vraiment une marque très premium, avec des valeurs fortes qui ont marqué l’histoire. Qui ne se souvient pas des fameuses publicités avec la lionne et de « Perrier, c’est fou »? C’est vraiment une marque qui impose un souffle nouveau, une créativité forte. C’est vraiment la modernité.

 

LC&V Quand vous parlez de Perrier, reste-il une marge de manœuvre en terme de créativité sur cette marque ?

Françoise Bresson Alors, oui et non c’est-à-dire que le cadre d’expression dans lequel on se situe pour faire évoluer la marque au sein des événements est quand même très normé. Mais c’est un cadre qui permet beaucoup de fantaisie et qui nous permet en terme de créativité d’avoir une démarche très intéressante, en tout cas dans l’univers du sponsoring.

LC&V Cela implique certainement une réflexion en amont qui ne consiste pas seulement à coller votre marque sur un événement à plat : vous êtes en lien direct avec vos partenaires ?

Françoise Bresson Exactement. Et puis poser une marque à plat sur un événement, je dirais que c’était du sponsoring que l’on faisait dans les années 80. Ensuite on a travaillé un sponsoring dans les années 90-2000 un peu différent, où justement on travaillait avec les organisateurs. Je dirais que maintenant, on atteint cette dimension où l’on travaille avec le spectateur. Les trois dimensions.

LC&V Vous parliez de modernité tout à l’heure, quelle eau est Perrier actuellement parmi tant d’autres sur le marché ?

Françoise Bresson Perrier est à part. Parce que Perrier est une boisson que l’on associe à tous les moments de la journée, c’est une boisson que l’on va pouvoir associer à midi avec Perrier fines bulles, ça va être une boisson de l’après-midi, ça va être une boisson du soir. Elle peut être liée à la fête, au partage, et avec cette note en plus, que n’ont pas d’autres eaux plus classiques qui vont avoir des systèmes de consommation plus normaux.

LC&V Pour revenir plus spécifiquement sur le partenariat de Roland Garros, que symbolisent pour vous ces trente-cinq années passées main dans la main ?

Françoise Bresson Ces trente-cinq années pour nous sont très importantes à célébrer, puisque c’est quand même une longue histoire, et aujourd’hui, les partenariats qui durent très longtemps, il n’y en a pas tant que cela. En fait la marque Perrier était présente à Roland Garros dès 1928 et on a ensuite trente-cinq ans, cadrés par un accord officiel. Ces trente-cinq ans, c’est une présence très forte, dans un espace délimité que l’on a créé, qui s’appelle le coin de repos des joueurs qui est dédié à l’hydratation et au repos. En plus nous sommes investis depuis trente-cinq ans, non seulement à Roland Garros mais dans l’univers du tennis, nous sommes partenaires du Trophée Perrier, nous accompagnons les amateurs, donc nous avons eu un vrai travail avec la Fédération pour que cette marque soit présente sur leur plus gros événement qui est Roland Garros et qui est l’événement emblématique au cœur de Paris, l’événement French touch qui nous correspond bien. Mais aussi au cours de l’année.

LC&V Comment on fait évoluer ce partenariat pour qu’il ne se ternisse pas ? Trente-cinq ans, c’est quand même un long chemin.

Françoise Bresson Pour faire évoluer ce partenariat, c’est une forte pression, parce qu’il faut être créatif, mais cela ne se fait pas seul car là aussi, les organisateurs nous accompagnent. On a un gros challenge aussi avec eux, c’est de réussir le nouveau stade dans les années qui viennent. Notre objectif c’est de les accompagner encore sur cette nouvelle aventure parce que le nouveau Roland Garros ce sera une belle aventure.

 

LC&V Quel est le message spécifique de Perrier dans le village auprès de vos invités ?

Françoise Bresson On déploie chaque année le message qui correspond à ce qu’on dit en terme de communication. Cette année, nos invités viennent célébrer avec nous les trente-cinq ans d’association du partenariat avec Roland Garros. C’est un bel anniversaire et cela se souhaite.