Hiroko Koshino
Vous êtes connue et reconnue à travers le monde comme créatrice de mode, on dit même de vous que vous êtes la “Coco Chanel Japonaise”, mais ce que peu de gens savent encore, c’est que la peinture est votre première passion…
Hiroko Koshino : Dans la peinture j’éprouve du plaisir à exprimer mon imaginaire de façon immédiate et solitaire. Alors que dans la mode je le fais avec l’aide de plusieurs personnes. Une contrainte de temps intervient.
Le jour où vous avez décidé de devenir peintre ?
Hiroko Koshino : Dans mon enfance. Ma famille tenait une boutique de couture. J’ai donc grandi dans le milieu de la mode, mais j’ai toujours adoré peindre.
On retrouve bien entendu dans vos œuvres des éléments qui ne sont pas sans rappeler votre culture, mais aussi des éléments inspirés de l’occident… Est-ce important pour vous de rapprocher ces deux mondes ?
Hiroko Koshino : Bien sûr. Dans la mode il faut faire énormément de dessins durant toute l’année. Il faut donc avoir les sens en éveil. Pour émouvoir et convaincre le plus grand nombre, il faut avoir un style original et unique, différent des autres designers ou des marques, qui sont si nombreux. On ne peut pas se contenter de faire comme les autres. Poursuivre son originalité signifie, pour moi, chercher à restituer dans ma création l’environnement japonais, les matières de mon pays natal, qui n’existent pas à l’étranger. Il est important d’exprimer ma personnalité forgée dans ce pays à travers mes créations.
Comment qualifieriez vous votre style ?
Hiroko Koshino : Je ne veux pas qu’il soit qualifié de “Japonesque”. Je parlerais plutôt de « Japonesque contemporain ». Mon style de création est le résultat d’une fusion originale de ces deux univers.
Pour dessiner il vous faut …
Hiroko Koshino : Je travaille toujours en lien avec la nature. J’ai besoin de la nature et des quatre saisons du Japon, ou d’être dans un environnement qui les évoque.
Un grand maître qui vous fascine ?
Hiroko Koshino : Je n’ai pas vraiment de maître. Néanmoins, dans le passé et dans le milieu de la mode, j’étais fascinée par Chanel.
Aujourd’hui, la peinture semble reprendre le pas sur la mode, pourquoi ce choix ?
Hiroko Koshino : Je n’ai jamais considéré que ma peinture prenait le pas sur la mode. La mode est plus importante pour moi, puisque c’est l’œuvre de toute ma vie. Cependant, je suis persuadée que l’originalité de mes créations, de ce travail, prend naissance grâce à la présence de ma peinture. Actuellement, je n’ai pas de point de vente de ma collection de mode à Paris mais j’y présente mes peintures pour y ouvrir de nouvelles perspectives.
Exposition Hiroko Koshino
Jusqu’au 29 février 2012
Galerie Hors Champs
13 rue de Thorigny – Paris 3e

Olivier Marchal… Un « mec » comme il en existe peu !
Olivier Marchal n’est pas un “mec” comme les autres. Il a son franc parlé et un humour incisif qui lui valent souvent d’être controversé. Qu’importe, il lui en faudrait bien plus pour être déstabilisé. Mais si le réalisateur est un génie du polar français, l’homme en revanche est torturé, à fleur de peau. Et le personnage attachant. L’oeil malicieux, édoniste, spontané et sincère… A l’occasion de la sortie des “Lyonnais”, et avant la reprise en tournée de “Pluie d’enfer” dès le début 2012, il accepte de se dévoiler en toute humilité.
J’ai lu que votre père était amateur de roman noir, est-ce cela qui vous a donné envie de rentrer dans la Police ?
Olivier Marchal : Oui, en tout cas pour une part. Et puis il y a également eut la découverte de Chandler, de Goodis et de Jim Thompson et de cet univers très noir peuplé de loosers qui sont les héros de cette littérature américaine, et surtout, la découverte de San Antonio qui fut une vraie révélation pour moi. La plume de Fréderic Dard est phénoménale, et ma maîtrise de l’argot, ma façon de parler me viennent beaucoup de là.
Que gardez vous de vos « années police » ?
Olivier Marchal : Pas grand chose, si ce n’est un profond mal-être. J’en garde aussi beaucoup de solitude, de névroses. C’est un métier où l’on est seul, ce qui m’a sans doute amené à créer mon monde.
Vous avez quitté la police pour vous consacrer au cinéma. Tout d’abord comédien, puis réalisateur, qu’est ce qui vous à menez à cela ?
Olivier Marchal : Ma rencontre avec le théâtre date de ma classe de 4e. C’est ma prof de français qui m’y a poussé. J’ai alors découvert Labiche, et aussi que les filles vous regardaient davantage lorsque vous étiez sur scène. Par la suite, ce sont des films comme « Itinéraire d’un enfant gâté » de Lelouch qui m’ont décidé à franchir le pas. Une érosion s’était produite en moi, trop de sang, trop de violence, trop de chagrin… Je suis dans le fond quelqu’un de trop sensible même si j’aimais aussi ce que je faisais car cela m’excitait et me donnait vraiment l’impression d’être un mec couillu.
Qu’est ce qui vous a décidé de passer derrière la caméra ?
Olivier Marchal : Le hasard car personne ne voulait réaliser « gangster » mon premier film, dans lequel je souhaitais juste jouer, n’ayant à ce moment là pas de velléité de metteur en scène. Ce fut un challenge… que j’ai adoré relever !
Que vous apporte la réalisation que vous ne trouvez pas dans le jeu d’acteur ?
Olivier Marchal : Je me sens utile. Je me sens créateur, chef d’équipe. Lorsqu’on est acteur, on est seulement ce que l’on vous demande d’être avec plus ou moins de talent. En ce qui me concerne j’ai surtout l’impression de faire mon métier d’acteur au théâtre, devant une caméra les choses sont différentes… L’attente est souvent longue.
Vous écrivez et vous réalisez vos films, est-ce important pour vous ?
Olivier Marchal : Primordial dirais-je. J’ai besoin que l’histoire m’appartienne. Mais un jour peut-être m’enverra-t-on une histoire que je ne pourrai refuser.
On retrouve souvent les mêmes acteurs dans vos films, avez vous besoin de travailler en famille ?
Olivier Marchal : Oui parce que cela me rassure. Je sais que je leur fait plaisir car ils aiment tourner avec moi et moi, je suis heureux de les savoir là. Je préfère faire plaisir aux gens que j’aime, plus qu’à un comédien que je ne connais pas et qui même s’il est bon n’aura au final rien à partager avec moi. Vous savez, je fait ce métier sérieusement, mais surtout sans me prendre au sérieux… chose de plus en plus rare et qui à petit feu tue le cinéma français.
Vos films tournent tous autour de la police, c’est je suppose une source inépuisable d’inspiration pour vous ?
Olivier Marchal : Inépuisable, c’est le mot… Mais il va falloir qu’un jour où l’autre j’en divorce. J’aimerai écrire une comédie. Mon rêve serait de faire un « Vincent, François, Paul et les autres » mais version actuelle. Parler de la vie et des préoccupations des 40-50 ans sans faire de la guimauve.
Parlez nous “des Lyonnais” qui est a l’affiche actuellement ?
Olivier Marchal : C’est un film de voyous et non de flics. Il est donc traité très différemment, ce qui m’a à un certains moment posé un problème moral, même si Edmond Vidal le voyou dont je parle est un super mec, très attachant. C’est un grand monsieur, qui je peux le dire est devenu mon ami. Ce fut un film très compliqué à réaliser. Et c’est aussi mon film le plus cher donc la pression en est d’autant plus forte.
Qu’est ce qui vous a donné envie de faire ce film ?
Olivier Marchal : Ma rencontre avec Edmond Vidal. Et historiquement, il est considéré comme étant le chef de fil du banditisme. Jeune flic, j’ai toujours entendu parler de lui… Il me faisait briller les yeux. Et j’ai rencontré un homme qui est dans l’hyper sensibilité, pas du tout dans l’arrogance. Un homme qui a des valeurs et dont le parcours est incroyablement passionnant. Un homme qui assume ses erreurs et que j’ai vu pleurer en me racontant son histoire… C‘est ce qui pour moi a fait la différence. Cela m’a plu. Et puis il m’a fait confiance.
Vous dites souvent que sans votre épouse Catherine vous ne seriez jamais arrivé là où vous êtes …
Olivier Marchal : Absolument. Je lui dois tout… ou presque (rires). Elle me supporte depuis 20 ans et ce dans tous les sens du terme. Elle est cash avec moi, ne me fait pas de cadeaux. Elle est mon repère. Ses jugements sont souvent sévères mais toujours justes. Dans 95% des cas elle a raison sur ce qu’elle me dit. Ce qu’elle fait, elle le fait par amour. Je pense que les mecs qui partent en vrille sont souvent pas accompagné ou mal accompagné… et moi je suis très bien accompagné.
Vous semblez être un éternel insatisfait, c’est sans doute ce qui vous pousse à vous dépasser, mais pour autant y a-t-il des moments où vous vous trouvez « bon » et où cette insatisfaction vous lâche un peu ?
Olivier Marchal : Cela arrive en effet, mais par petite bribe lorsque par exemple je vois ma femme heureuse et que j’ai le sentiment d’y être un peu pour quelque chose. C’est fulgurant ! L’alcool m’aide également à dissiper cette insatisfaction chronique… et ce mal-être qui ne me lâche jamais.
Qui est Olivier Marchal à la ville ?
Olivier Marchal : Quelqu’un de très complexé, de timide, de très révolté. Qui déteste le genre humain mais qui aime les gens, ce qui souvent est un vrai problème. Quelqu’un aussi qui ne voulait pas d’enfants et qui en a 4. Qui ne voulait pas se marier et qui l’a… Bref… je suis pleins de contradictions et de paradoxes.
Qu’est ce que la notoriété a changé dans votre vie ?
Olivier Marchal : Ma perception des choses, me rendant ainsi plus parano et plus auto-destructeur … mais par phase.
Comment vous protégez vous ?
Olivier Marchal : Sans doute en ayant recours à certains excès !
Le dernier Film d’Olivier Marchal « Les Lyonnais », sorti le 30 novembre 2011, est actuellement diffusé en salle.
Lien AlloCine http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145068.html
Woman’s Land
Les amateurs savent toujours retrouver la douceur de Stefano di Battista. Une douceur juste qui n’est pas feinte, parce qu’elle se confirme backstage pour peu qu’on ait eu l’opportunité de l’y croiser, un jour…. Son dernier album est un voyage dans le temps, qu’il mène rondement du bout de son Saxophone Alto. Riche des multiples périodes musicales qui le nourrissent depuis le commencement, du be-bop à la bossa nova, du jazz rock aux résonances Big Band. « Je veux montrer la foule et chaque homme en détail, avec ce qui l’anime et le désespère. Et sous ses saisons d’homme, tout ce qu’il éclaire », évoque le dossier de presse.
Pour aller toujours « au delà de la musique Jazz », ainsi qu’il le confie en interview lors de sa promotion, à Paris. Rester créatif semble être son désir le plus profond, d’où l’exploration proposée au sein de ce dernier Opus Woman’s Land. Un titre qui n’est pas anodin, puisqu’il fait référence à sa découverte des femmes sous un nouvel angle, depuis la naissance de sa fille il y a trois ans, poursuit-il lors du même entretien. http://www.dailymotion.com/video/xic4im_stefano-di-battista-woman-s-land_creation
Woman’s Land, Discograph, Avril 2011
MINI BIOGRAPHIE \
Premier prix du conservatoire de Rome à 21 ans, le saxophoniste italien s’installe à Paris en 1994 et se forge très vite une réputation de virtuose. Après avoir collaboré avec le batteur-compositeur Aldo Romano, il devient l’un des solistes vedettes de l’ONJ (Orchestre National du jazz), puis intègre le sextet de Michel Petrucciani. En 1997, Stefano crée son propre groupe – un quintet – et sort un premier album, Volare. Suivent les tournées, le contrat avec le label Blue Note (1998), puis un disque avec Elvin Jones, le batteur mythique de John Coltrane. Stefano a alors 29 ans. Les rencontres s’enchaînent. Claude Nougaro, Michael Brecker…
// DISCOGRAPHIE depuis 2000 // 2000 Jacky Terrasson A Paris…./ Blue Note, 2001 Gege Telesforo Gege and the Mother Tongue /GoJazz, 2001 Gege Telesforo We coulnd’t be happier /GoJazz, 2002 Jean Gabin/Gabin, 2002 St’hen Pompougnac, Hotel Costes, Vol 5 Cinque/Wagram, 2002 Dario Deidda 3 From the Ghetto /GoJazz, 2002 Niccolo Fabi, LA Cura Del Tempo/Virgin, 2004 Nicky Nicolai Tutto Passa/Virgin
Le Jazz selon Jack Rose
- Et lui, il joue bien ?
Voilà une phrase qui énervait Jack au plus haut point. C’est Germain, son grand cousin qui lui posait sans cesse cette question dès qu’un saxophoniste passait à la radio ou à la télévision. À chaque fois, ça ne loupait pas.
- Et lui, lui, il joue comment ?
Jack était adolescent à l’époque. Et sous prétexte qu’il prenait des cours de saxophone alto depuis quelques mois, il passait aux yeux de son presbyte de cousin pour le grand spécialiste de l’instrument.
- Et lui, t’en penses quoi ? C’est un bon ou non ?
Au début, Jack gentiment avait répondu du mieux qu’il le pouvait. En disant par exemple lorsque c’était le cas que « oui, il joue très bien ». Il essayait ensuite d’être précis et le plus pédagogue possible afin de faire partager au mieux son point de vue. Il parlait du son spécifique du musicien. De la douceur d’Al Cohn par exemple ou de la puissance d’Archie Sheep, de l’élégance de Stan Getz ou de l’animalité de Roland Kirk, de la fluidité de Paul Desmond ou du charme de Lester Young, des envolées démoniaques (il hésitait souvent avec le terme « paradisiaque ») de Charlie Parker.
Bref de sa particularité sonore, de son identité, de sa personnalité musicale.
De ce qui faisait que Jack savait reconnaître en quelques instants qui soufflait ainsi pour produire une telle sonorité. Il tentait aussi d’expliquer les improvisations. L’originalité de Coleman Hawkins, la créativité du phrasé de Yusef Lateef, l’inventivité rythmique de Sonny Rollins, la liberté sans limites de John Coltrane… Il faisait de son mieux pour tenter d’initier son cousin à son amour, sa sensibilité, son écoute, sa vision de cette musique qui le bouleversait tant. Mais l’autre, le grand Germain, une fois la question posée, n’écoutait qu’à peine la réponse. Jack découvrit très tôt grâce à lui une manie qu’il retrouva chez nombre d’adultes plus tard. Le goût prononcé de certains pour poser avec une feinte conviction une question à laquelle ils n’attendaient en réalité aucune réponse. Leur plaisir se concentrant apparemment sur la simple écoute de leur voix formulant une phrase donnant l’impression d’avoir acquis par le plus grand des hasards la forme interrogative. Et pourtant, ça ne manquait jamais, dès qu’un saxophone se faisait entendre. Jack y avait droit.
- Et lui, et lui, t’en penses quoi ?
Peu à peu, Jack se contentait de répondre par une toute petite réponse de rien du tout, du genre :
-Lui, il joue bien.
Où même juste pour s’amuser et sans argumenter davantage, il lançait un :
- Non, il est très mauvais.
Et finalement, cela ne changeait rien. Son cousin ne relevait même pas.
Et puis un jour, il trouva la solution. N’en pouvant vraiment plus de cette perpétuelle question idiote, Jack le regarda droit dans les yeux et lui répondit :
- Et, toi mon cousin Germain. Toi, qu’est-ce que tu en penses ? Trouves-tu qu’il joue bien ? Qu’est-ce que tu ressens lorsque tu l’écoutes ?
L’autre l’observa un peu étonné. Il fit une moue particulièrement disgracieuse. Et puis il détourna le regard ne semblant pas bien comprendre ce qui lui était demandé. Ce fût la dernière fois que ces deux-là parlèrent de jazz. À la plus grande satisfaction de Jack.
Parfois, il peut être bien compliqué de parler musique. Et si le silence était le commentaire le plus respectueux, le plus bel hommage que l’on pouvait lui rendre ? Voici une anecdote que Jack aime raconter :
Un jour une dame dans un dîner demande très sérieusement à Louis Armstrong :
- Monsieur Armstrong, qu’est-ce que le swing ?
- Madame, lui a répondu le musicien, si vous avez à le demander, je suis au regret de vous dire que vous ne le saurez jamais.

James Hervey : entre instinct et création
Photographier pour raconter, pour émouvoir. Travailler hors du temps, être dans une autre dimension. Kumhb Mela, un pèlerinage extraordinaire, un moment unique, des photos qui parlent de cette force supérieure qui peut réunir des millions de personnes au même endroit au même endroit, de cette envie de partage, de communion, cette recherche d’amour, de pardon et de rencontre. Le photographe James Hervey a su capter grâce à ses portraits l’univers envoutant de cette manifestation.
Kumbh Mela, 2001. Inde, 75 millions de personnes
James Hervey était en Inde en janvier 2001, il assiste au Kumbh Mela, pèlerinage Hindou qui a lieu tout les douze ans. 75 millions de personnes prennent part à cette manifestation, sans doute une des plus importantes du monde.
C’est l’instant de la purification, du pardon. L’inde est mon atelier.
James Hervey ne va
pas à la chasse aux images. Il photographie en fonction de critères précis, il fait parler son instinct. « La logique de l’âme et du cœur sont en corrélation. » Le photographe ne se sent bien que lorsque tous les bons éléments sont réunis. Il ne faut en aucun se poser de questions, juste être la avec les personnes que l’on a croisé, a qui l’ont a parlé, à ces rencontres qu’il a eu envie de photographier. Cette image est l’une de celle qu’il a retenu de son voyage, ces deux femmes, qui sont-elles l’une pour l’autre : sœurs, amies, ou tout simplement inconnues rencontrées en ce jour de pardon ? Et pourtant elles posent sous l’œil aguerrie du photographe comme si elles se connaissaient depuis toujours.
Il n’y a aucune bousculade. Rendez vous compte ces millions de personnes. Tous ces pèlerins qui assistent à cet événement sont là pour être ensemble, dans un esprit fraternel. Etre la avec les autres et pour les autres. Se laisser aller dans ce lieu sacré des dieux. Le Gange est l’instrument de cette réunion hors norme.
« Mes photos sont de moins en moins réfléchies, je vois des scènes dans ma tête et je me rends compte qu’elles sont très classiques. Je ne veux pas faire quelque chose de répétitif. Une photo demeure lorsqu’elle est nouvelle, lorsqu’elle n’a pas encore été prise. La convergence de rivières permet aux baigneurs de purifier toutes les traces karmiques. » James Hervey se rend Vârânasî une semaine la première fois en janvier 2001, il y retourne ensuite 3 jours d’affilés. La population entière le laisse entrer dans ce partage sans nom, dans cette effusion de joie. Ses photos représentent toute l’émotion ce qui se dégagent de cette manifestation. Le noir et blanc donne a la photo une difficulté en plus, faire passer une émotion très forte sans avoir l’aide de la couleur. « J’ai en quelque sorte fini mon travail en Inde, c’est un pays très particulier qui prend aux trippes, je suis touché par les qualités de ce pays, ce sont des qualités universelles. »
« Il y a une telle balance entre l’Inde et la France. En Inde, il faut aller à la rencontre des gens. Ceux que tu rencontres te donnent des clés pour comprendre leurs modes de vies. » Les photos de James Hervey mêlent le côté instinctif et magique de l’Inde .Toujours en corrélation ces deux mondes se jouent de ses portraits. « Je prends rarement des visages. Mais étonnement cette fois-ci avec toute cette effervescence, cette foule qui communiquait entre elle, il y avait une telle énergie qui se dégageait de cet événement. »
James Hervey a su capter en image bien sur mais aussi intellectuellement les attentes de cette population, ses mœurs et ses a aspirations. Ses photographies parlent d’elles mêmes. Le pèlerinage auquel il a assisté lui a fait prendre conscience de ses attentes en tant que photographe. « Si une photo n’est pas prise après 5 secondes, ce n’est plus la peine. Il faut laisser tomber, une photo doit être instinctive, évidente et surtout ne pas être déchiffrée à l’avance. »





