Luther

Londres rivale de NYC
Fiction | serie | saison 1

Avec Luther, les britanniques signent une série de haute volée, et peuvent définitivement rivaliser avec certains bijoux de la TV Fiction produits par leurs homologues américains ces dernières années, à la seule différence près que les budgets investis outre-Manche n’ont rien de comparable avec les épisodes made in US, notamment sur la chaine HBO.

La première saison suit les tribulations et vicissitudes de John Luther, un inspecteur au tempérament entier, qui évolue dans une équipe policière d’apparence impliquée et professionnelle. Des intrigues dont l’architecture ressemble à celle des  » Colombo « , puisque l’on connaît le coupable dès le début de l’histoire, pour un flic intuitif dont on ne voit transparaitre de sa vie privée, que l’omniprésence d’une épouse qu’il aime encore.

Idris Elba

Idris Elba

Idris Elba, l’acteur principal dont il s’agit, incarne un héros massif et véritable, dans les moindres détails de sa gestuelle, son allure et ses emportements. Et cela jusqu’au bout des pieds pourrait on dire, grâce au travail minutieux des accessoiristes, qui le chaussent entre autres finesses, de souliers pas très nets pour les plans de coupe, des cheveux non travaillés, une peau avec quelques petits défauts. Certains des arguments visuels qui campent d’un air de rien le charme et a crédibilité de cet inspecteur explosif. Plus marquant physiquement que dans  » The Wire  » (HBO) où il interprète le numéro deux d’un gang un peu  » propre sur lui « .

Les épisodes de Luther imposent une dramaturgie précise, cynique, des impasses et des rebondissements écrits de toute évidence avec de la réflexion. Un montage , dont le rythme alterne en fonction de la narration, plutôt lent sur l’instant suspendu d’une mise en scène nocturne et morbide, où un serial killer dispose méthodiquement des objets autour du corps gisant de sa victime, ou un autre assassin nettoie minutieusement le congélateur habitacle de sa dernière proie . Plutôt rapide à d’autres moments de tension, le montage se cale sur la partition émotionnelle de John Luther, toujours vif et charnel. Le tout souligné par un mode comportemental certainement proche de l’homme qu’il est en dehors de la lumière des projecteurs, de fait définitivement touchant pour le spectateur dans le déroulement de ses investigations. Le cadre est souvent original, des plans serrés qui se décalent, de l’air autour des visages, sur la droite, sur la gauche, une caméra intelligente, qui sait feindre parfois le fouillis, pour dire ce qu’il faut dire, faire ce qu’il faut faire… Une lumière multiple, déclinée selon les contextes, des visions urbaines brutes, des intérieurs doux ou trop éclairés, des ambiances lourdes, jamais vulgaires, une décoration juste.

Ce serait peu de dire que nous sommes emballés ! Pour ceux qui nous lisent, il semblerait que ce papier trahisse notre sentiment ! A voir dès que possible.

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Notre note = 4 esperluettes